Côte d’Ivoire

Éducation: La grève des enseignants se durcit, le gouvernement annonce des sanctions sévères

Mis à jour le 5 avril 2025
Publié le 05/04/2025 à 5:38 , , , ,

La crise dans le secteur de l’éducation prend une tournure plus tendue. En Côte d’Ivoire, l’Intersyndicale des Enseignants du Moyen et Secondaire (IS-MENA), dirigée par M. Bli Blé David, a décidé de prolonger son mot d’ordre de grève entamé plus tôt cette semaine. Face à cette montée du mouvement, la ministre d’État, ministre de la Fonction Publique, Anne Désirée Ouloto, a réagi fermement.

 

Dans un communiqué publié ce week-end, la ministre a dénoncé une grève jugée « illégale et inopportune », soulignant qu’elle survient malgré les négociations toujours en cours entre le gouvernement et les syndicats signataires de la trêve sociale. Elle a rappelé les efforts financiers consentis par l’État en faveur des fonctionnaires depuis plus d’une décennie, estimés à plus de 2 700 milliards de FCFA.

 

Un avertissement clair du gouvernement

La ministre Ouloto a tenu à avertir que des sanctions disciplinaires immédiates seront appliquées à l’encontre des enseignants qui ne reprendront pas les cours dès le lundi 7 avril 2025 à 7h00.

 

« En conséquence, tout enseignant qui ne sera pas à son poste de travail à compter du lundi 7 avril 2025 à 07 heures 00 minute sera considéré comme démissionnaire et traité comme tel, conformément aux dispositions du statut général de la Fonction Publique », a-t-elle déclaré.

 

Elle a précisé que cette décision s’appuie sur l’article 101 du statut général de la Fonction Publique, qui confère au ministre de tutelle une compétence disciplinaire universelle en cas de manquement aux obligations professionnelles.

 

« Une procédure spéciale sera mise en œuvre en vue de sanctionner tous les contrevenants aux obligations qui pèsent sur le fonctionnaire, notamment l’obligation d’assurer avec loyauté le service public », a ajouté Anne Désirée Ouloto.

 

Un appel à la responsabilité

Tout en condamnant cette grève qu’elle considère comme une « prise en otage de l’école », la ministre a lancé un appel à la responsabilité des syndicats impliqués, les exhortant à reprendre les discussions dans un cadre apaisé.

 

« Cesser de sacrifier l’avenir des générations futures sur l’autel de quêtes personnelles et d’intérêts corporatistes », a-t-elle martelé.

 

La ministre a également salué les enseignants qui ont choisi de ne pas suivre ce mot d’ordre, les qualifiant de « défenseurs du droit fondamental des enfants à une éducation de qualité ».

 

Dissensions dans les rangs syndicaux

Par ailleurs, plusieurs syndicats du secteur éducatif se sont désolidarisés du mouvement de l’IS-MENA. Une délégation de ces organisations a été reçue par Mme Ouloto le 1er avril dernier. Ils ont exprimé leur volonté de poursuivre les négociations dans le respect de la trêve sociale signée avec le gouvernement.

 

Le gouvernement assure qu’il prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer la continuité de l’année scolaire 2024-2025 et garantir l’organisation paisible des examens de fin d’année.

Eugène Sahi Tristan 

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