Chaque année, entre mars et mai, les pays d’Afrique de l’Ouest, du Maghreb et du Moyen-Orient font face à une double pression: la température qui grimpe et celle d’une consommation d’électricité qui explose.
Cette période de chaleur extrême et de besoins énergétiques accrus met à rude épreuve les infrastructures électriques déjà souvent fragiles, tout en alourdissant les factures des ménages.
Une tendance régionale commune
Dans toute la région, la hausse des températures déclenche un réflexe presque universel : allumer les climatiseurs, les ventilateurs, et autres équipements de refroidissement.
Que ce soit en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Ghana, au Nigeria, ou encore au Maghreb et au Moyen-Orient, la demande en électricité grimpe, particulièrement en soirée, moment où les foyers et bureaux tournent à plein régime.
Afrique de l’Ouest : des réseaux sous pression
- Côte d’Ivoire : La facture énergétique s’alourdit dès mars, les climatiseurs devenant des équipements de première nécessité.
La Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) renforce ses campagnes de sensibilisation pour limiter les abus et modernise ses infrastructures pour mieux encaisser les pics de consommation.
- Sénégal : À Dakar, la consommation électrique atteint des sommets au début du printemps. L’augmentation de la demande entraîne fréquemment des baisses de tension et des interruptions, signe d’un réseau sous-dimensionné face à l’usage massif des climatiseurs.
- Burkina Faso : La dépendance énergétique vis-à-vis de la Côte d’Ivoire et du Ghana pèse lourdement pendant les périodes de forte chaleur.
Le manque de production nationale exacerbe les délestages et réduit la résilience du pays face à la demande croissante.
- Ghana : Ce pays connaît une hausse de 15 à 20 % de la consommation en période chaude, principalement en milieu urbain et industriel.
Le réseau électrique subit une pression constante, notamment en raison d’une croissance économique rapide qui stimule l’usage des appareils électroménagers.
- Nigeria : L’un des cas les plus critiques. Le recours massif aux générateurs pour pallier les coupures fréquentes augmente la consommation globale et accentue les problèmes d’approvisionnement.
- Togo : À Lomé, la hausse de la demande provoque des pénuries d’électricité et des délestages, révélant la fragilité du système face aux épisodes de chaleur extrême.
Maghreb et Moyen-Orient : mêmes causes, mêmes effets
Les pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) et du Moyen-Orient (notamment les pays du Golfe) vivent des pics de chaleur encore plus intenses, parfois au-delà de 45°C.
Ces extrêmes climatiques entraînent un usage constant des climatiseurs, même la nuit, ce qui multiplie la charge sur les réseaux.
Les États du Golfe, bien que dotés d’importantes ressources énergétiques, investissent massivement dans les technologies de climatisation efficaces et les énergies renouvelables pour répondre à une demande qui double souvent pendant les mois les plus chauds.
Comparaison des impacts par pays
Pays | Hausse de consommation | Effets sur le réseau | Initiatives |
Côte d’Ivoire | +10% à +15% | Surcharges localisées, factures élevées | Sensibilisation, modernisation du réseau |
Sénégal | Records en mars/avril | Pannes fréquentes, pics en soirée à Dakar | Campagnes d’information, projets de renforcement |
Burkina Faso | Dépendance à l’importation | Délestages fréquents | Projets d’interconnexion et de production solaire |
Ghana | +15 à +20% | Tension sur réseau industriel et domestique | Déploiement d’énergies renouvelables |
Nigeria | Forte hausse | Coupures massives, recours aux générateurs | Décentralisation de la production, solaire hors réseau |
Togo | Hausse constante à Lomé | Délestages, pénuries | Amélioration des capacités de production |
Maghreb / Golfe | Jusqu’à 50% de hausse | Consommation nocturne élevée, surchauffe réseau | Climatisation intelligente, transition énergétique |
Une réponse collective et adaptée nécessaire
Le lien entre chaleur et consommation d’électricité est désormais évident. Alors que le changement climatique intensifie les épisodes de chaleur, il devient urgent d’adapter les systèmes énergétiques régionaux. Cela passe par :
La compagnie ivoirienne d’électricité appelle à l’éducation à la consommation responsable, l’usage d’équipements économes, le renforcement des réseaux électriques et le développement des énergies renouvelables.
La résilience énergétique en Afrique de l’Ouest et au-delà, dépendra de la capacité des gouvernements, des opérateurs et des citoyens à anticiper ces pics et à adopter une approche durable face aux défis climatiques.
7info