Ecrivaine ivoirienne engagée, Hamitraoré transforme la douleur en combat à travers ses écrits. Avec « Le couteau brulant », elle brise le silence autour des mutilations génitales féminines et milite activement pour l’émancipation des femmes. Portrait.
De victime à symbole de la lutte contre l’excision en Côte d’Ivoire. Aminata Traoré, connue sous le nom de plume Hamitraoré, est une écrivaine et activiste ivoirienne née en 1980. Après des études en lettres modernes, elle s’oriente vers le secteur humanitaire, s’engageant activement dans la lutte contre les violences basées sur le genre, notamment les mutilations génitales féminines (MGF). Elle est également présidente de la Fondation Gnitrésor, créée en 2012, qui vise à sensibiliser le public aux violences faites aux femmes à travers la littérature.
En 2012, Hamitraoré publie son premier roman autobiographique, « Le Couteau brûlant », où elle raconte son expérience personnelle de l’excision. Elle y décrit les souffrances physiques et psychologiques liées à cette pratique, ainsi que sa révolte et son espoir d’un avenir sans excision. Elle déclare : « J’ai voulu extérioriser une souffrance qui me rongeait et partager avec l’opinion le récit de la victime que je suis à travers les lettres et les mots ».
Un engagement multiple
Son engagement ne s’arrête pas à l’écriture. À travers sa fondation, elle organise des conférences en milieu scolaire et communautaire pour sensibiliser aux dangers des MGF et promouvoir l’autonomisation des femmes. Elle affirme : « En dépit de tous les efforts qui restent encore à faire, je reste optimiste pour une génération sans excision ».
Son engagement et ses œuvres ont été reconnus au-delà des frontières de la Côte d’Ivoire. Ce qui lui a valu de participer à des conférences internationales, partageant son expérience et plaidant pour l’abandon des mutilations génitales féminines. Son témoignage est devenu une source d’inspiration pour de nombreuses femmes et hommes engagés dans la défense des droits humains.
En reconnaissance de son combat, Hamitraoré a reçu en 2018 le Prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l’État de droit. Elle continue d’écrire et de militer pour l’éradication des MGF et l’émancipation des femmes en Côte d’Ivoire, utilisant la littérature comme outil de sensibilisation et de changement social.
A travers sa plume et son engagement, Hamitraoré incarne la lutte contre les injustices faites aux femmes et porte l’espoir d’un avenir où chaque femme pourra vivre librement, sans crainte de violences ou de discriminations.
Maria Kessé