Le PPA-CI, par la voix de son président du Conseil stratégique et politique, Justin Katinan Koné, accuse la Commission électorale indépendante (CEI) de favoriser le RHDP, parti au pouvoir par un « hold-up électoral » à la présidentielle de 2025.
L’accusation a été formulée à la 36e édition de la tribune du Parti des peuples africains Côte d’Ivoire (PPA-CI).
Elle repose sur des dysfonctionnements que cette formation politique dit avoir relevés dans la gestion du contentieux électoral et l’administration de la liste électorale.
Une liste électorale qui serait biaisée
Le principal point de discorde entre le PPA-CI et la CEI concerne l’absence du nom de Laurent Gbagbo sur la liste électorale provisoire.
C’est une situation que le parti que le parti de l’ancien président ivoirien qualifie d’irrégulière et de purement politique.
Selon Justin Katina Koné, l’exclusion de son leader traduit une « soumission totale » de la CEI au RHDP, le parti au pouvoir.
« Le refus d’inscrire le Président Laurent Gbagbo sur la liste électorale ne repose sur aucun fondement juridique valable.
C’est une décision purement politique qui vise à éliminer un adversaire redoutable avant même la compétition électorale.
Cette CEI est l’agent exécutif d’un complot politique bien orchestré », a déclaré Justin Katina Koné.
Le PPA-CI souligne que l’article 5 du Code électoral dispose que l’inscription sur la liste électorale est un droit pour tout citoyen remplissant les conditions requises.
Or, Laurent Gbagbo, ancien président de la République, dit-il, s’est bel et bien enrôlé en 2022.
Le refus de la CEI d’inscrire son nom avant même l’ouverture du contentieux est donc perçu comme une atteinte à ses droits civiques et une tentative de le tenir à l’écart du processus électoral, dénonce le PPA-CI.
Une CEI sous influence ?
Pour le PPA-CI, la CEI agit non pas en tant qu’organe indépendant mais comme une structure inféodée au RHDP.
Le parti de Laurent Gbagbo dénonce une institution qui adapte ses décisions aux volontés du pouvoir en place.
Il cite comme justification, des cas où la CEI aurait modifié ses annonces sous pression du ministère de l’Intérieur.
« L’indépendance de la CEI est une illusion. Comment expliquer que ses décisions puissent être modifiées en quelques heures par d’autres institutions proches du pouvoir ?
Il est clair que la CEI n’agit pas de son propre chef, mais selon une ligne dictée par le RHDP », a fustigé Justin Katina Koné.
L’exemple le plus frappant, lui, est l’attitude de la CEI face à la décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), qui a exigé la réintégration de Laurent Gbagbo sur la liste électorale.
Plutôt que d’appliquer cette décision, dit-il, le gouvernement ivoirien a choisi de se retirer de cette juridiction, et la CEI, loin d’agir en instance autonome, a suivi cette ligne.
Un appel à la mobilisation
Face à ce qu’il considère comme une tentative manifeste d’exclusion politique et d’organisation frauduleuse des élections, le PPA-CI appelle à la mobilisation générale.
Ce parti invite les autres formations politiques, la société civile et la communauté internationale à se pencher sur la question de la réforme de la CEI, afin d’assurer un scrutin crédible et équitable en 2025.
Koné Katina a aussi abordé la question de la tenue prochaine d’un meeting de son parti dans la ville de Dabou, dans le sud du pays.
Selon lui, ce rendez-vous prévu les 11 et 12 avril 2025 sera une démonstration de force et un signal clair que le PPA-CI ne laissera pas passer ce qu’il qualifie d’« imposture électorale ».
« Nous sommes prêts à lutter avec la dernière énergie pour que justice soit rendue. Il ne s’agit pas seulement de Laurent Gbagbo, mais de la démocratie et de la souveraineté du peuple ivoirien », a affirmé le ministre Justin Katina Koné.
Le PPA-CI prévient en outre qu’il ne cautionnera pas un processus électoral biaisé et se dit prêt à user de tous les moyens légaux pour faire entendre sa voix.
Dans un contexte où les élections en Côte d’Ivoire sont souvent accompagnées de tensions, les prochains mois pourraient être décisifs pour l’avenir politique du pays.
La question de la crédibilité de la CEI et du respect des droits politiques de tous les candidats, y compris Laurent Gbagbo, restent plus que jamais au cœur du débat national.
Tristan Sahi